Cekal, c’est quoi et à quoi ça sert ?
Cekal est une association française créée en 1989 à l’initiative des fabricants de vitrages isolants, qui voulaient une certification commune attestant la qualité de leurs produits. Plus de trente-cinq ans plus tard, elle certifie les vitrages de la quasi-totalité du marché français. Cekal est accréditée par le COFRAC, l’organisme public qui garantit l’impartialité des certificateurs : ce n’est donc pas un simple logo commercial, mais un contrôle indépendant, vérifié par un tiers.
Aujourd’hui, plus de 170 centres de production sont certifiés Cekal, pour une production annuelle de plus de 33 millions de m² de vitrages. À l’origine centrée sur les vitrages isolants, le double et le triple vitrage, la certification s’est étendue aux vitrages feuilletés et trempés. Un point essentiel à comprendre : Cekal ne mesure pas la performance de votre fenêtre entière, elle certifie le vitrage, sa durabilité et son classement de performance. Pour juger l’ensemble, il faut regarder le Uw de la fenêtre complète, celui qui figure sur chaque proposition de fenêtre sur mesure.
Cette échelle industrielle explique pourquoi le marquage Cekal est devenu un repère incontournable : un vitrage certifié provient forcément d’un centre contrôlé, quel que soit le fabricant de la fenêtre qui l’intègre. Les vitrages posés par les menuisiers sérieux du Grand Ouest en font partie, et c’est un critère simple à vérifier avant de s’engager.
Une certification volontaire mais exigeante
Aucune loi n’oblige un fabricant à faire certifier ses vitrages par Cekal : c’est une démarche volontaire. Mais un vitrage certifié a passé des essais et fait l’objet de contrôles réguliers en usine, où l’assemblage, l’étanchéité et la tenue dans le temps sont vérifiés. Pour vous, c’est l’assurance que la performance annoncée sur le devis correspond à un produit réellement contrôlé, et pas seulement à un argument de vente. C’est aussi ce qui rend possible une garantie dans la durée.
Le volet thermique : les classes TR1 à TR14
Le premier volet de Cekal concerne l’isolation thermique. La certification classe les vitrages en quatorze niveaux, de TR1 à TR14. Plus la classe est élevée, plus le vitrage est isolant. À chaque classe correspond une plage de coefficient Ug, l’indicateur qui mesure les déperditions de chaleur à travers le vitrage seul : il descend d’environ 1,9 W/m².K pour un TR1 à environ 0,6 W/m².K pour un TR14. Plus le Ug est bas, moins la chaleur s’échappe.
En pratique, les classes TR1 à TR9 correspondent à des doubles vitrages, tandis que le triple vitrage démarre à TR10. Pour une rénovation dans le Grand Ouest, un double vitrage bien classé couvre la plupart des besoins ; le triple vitrage se justifie surtout sur les façades très exposées au froid. Demander la classe TR d’un vitrage, c’est obtenir une information objective, là où un vendeur pourrait se contenter de dire que son vitrage est performant.
Pour un particulier, retenir la classe TR évite bien des malentendus. Deux vitrages peuvent se ressembler et afficher pourtant un écart de plusieurs classes, donc de confort réel en hiver. Un TR élevé signifie moins de sensation de paroi froide près de la fenêtre et une chaleur mieux conservée le soir, ce qui pèse directement sur le ressenti au quotidien.
| Classe Cekal | Ug (W/m².K) | Type de vitrage |
|---|---|---|
| TR1 | environ 1,9 | double vitrage d’entrée de gamme |
| TR9 | le meilleur en double vitrage | double vitrage renforcé |
| TR10 | passage au triple vitrage | triple vitrage |
| TR14 | environ 0,6 | triple vitrage très performant |
Attention à ne pas confondre ce Ug, propre au vitrage, avec le Uw de la fenêtre complète, qui tient compte du dormant et de l’ouvrant. Cekal ne certifie que le premier : c’est une pièce du puzzle, pas la performance globale de la menuiserie posée.

Le volet acoustique : les classes AR1 à AR6
Le deuxième volet mesure l’affaiblissement acoustique, c’est-à-dire la capacité du vitrage à réduire le bruit extérieur. Cekal définit six classes, de AR1 à AR6, correspondant à un affaiblissement croissant exprimé en décibels. Chaque classe garantit un niveau minimal d’isolation au bruit aérien, mesuré en laboratoire.
| Classe acoustique | Affaiblissement | Environnement adapté |
|---|---|---|
| AR1 | 25 dB | environnement calme |
| AR2 | 28 dB | zone résidentielle |
| AR3 | 30 dB | rue passante |
| AR4 | 33 dB | axe routier bruyant |
| AR5 | 35 dB | forte exposition au bruit |
| AR6 | 37 dB | exposition maximale |
Quelle classe pour une zone bruyante ?
Pour un logement au calme, une classe AR1 ou AR2 suffit largement. Dès qu’on donne sur une rue passante, une classe AR3 ou AR4 apporte un confort nettement supérieur : quelques décibels gagnés se ressentent fortement à l’oreille, car l’échelle est logarithmique. Au-delà, les classes AR5 et AR6 visent les expositions les plus sévères, comme un grand axe routier ou une voie ferrée. Le bon réflexe est d’adapter la classe à la façade concernée, plutôt que de suréquiper toute la maison.
Un exemple parlant : passer d’une classe AR2 à une classe AR4 divise environ par deux l’intensité sonore perçue, même si l’écart n’est que de quelques décibels sur le papier. C’est souvent ce saut qui transforme le ressenti dans une chambre donnant sur la rue, sans qu’il soit nécessaire de viser la classe la plus haute.
Le volet sécurité : feuilleté et trempé certifiés
Le troisième volet certifie les vitrages de sécurité : les feuilletés et les trempés. Un vitrage feuilleté certifié Cekal a été testé pour son comportement à la casse et sa capacité à retenir les morceaux, voire une personne. Cekal s’appuie ici sur les normes européennes de référence : la norme EN 12600, qui classe la résistance au choc (par exemple 1B1 pour un feuilleté de sécurité), et la norme EN 356, qui mesure la résistance à l’effraction, de P1A à P5A.
La distinction est importante, car un verre trempé et un verre feuilleté ne se comportent pas de la même façon : le trempé se pulvérise en petits granulés peu coupants, tandis que le feuilleté retient les morceaux grâce à ses films. Cekal certifie les deux, mais leur usage n’est pas interchangeable, et seul le feuilleté convient là où il faut retenir une chute.
Autrement dit, quand un vitrage feuilleté ou anti-effraction porte le marquage Cekal accompagné de sa classe de sécurité, vous avez la certitude que le niveau annoncé a été vérifié par un tiers, et non simplement déclaré par le vendeur. C’est particulièrement utile pour un garde-corps vitré, une allège basse ou une porte-fenêtre de plain-pied, où le niveau de sécurité exigé ne se voit pas à l’œil nu.

Lire soi-même le marquage périphérique
Bonne nouvelle : vous pouvez vérifier vous-même qu’un vitrage est bien certifié. Le marquage Cekal est gravé ou imprimé sur l’intercalaire, la fine barrette qui sépare les deux verres sur le pourtour du vitrage. On y lit le logo Cekal, un numéro identifiant le fabricant (trois chiffres ou plus), et souvent des lettres de durabilité : E pour la tenue au soleil, V pour le vitrage extérieur collé, R pour la résistance à l’humidité.
Ces lettres de durabilité ne sont pas anecdotiques : elles indiquent que le vitrage a été éprouvé face au rayonnement solaire et à l’humidité, deux facteurs qui font vieillir un double vitrage et finissent par provoquer de la buée interne. Un assureur ou un bureau de contrôle pourra s’y référer en cas de litige sur la qualité du produit posé.
Ce marquage est la carte d’identité du vitrage. C’est aussi lui qui fait foi si vous devez faire jouer une garantie : sans marquage lisible, il est difficile de prouver qu’un vitrage était certifié. Prendre une photo du marquage à la réception du chantier est un bon réflexe, souvent négligé.
Où regarder sur une fenêtre posée
Une fois la fenêtre installée, le marquage reste visible en approchant l’œil de la vitre, en périphérie, là où l’intercalaire est apparent entre les deux verres. Si vous ne le trouvez pas, la fiche technique ou le certificat remis avec le devis doit reprendre la référence Cekal et les classes obtenues. Un professionnel sérieux vous fournit ces éléments sans difficulté, et les conserve pour chaque chantier.
Cekal ou Acotherm : ne pas confondre
On confond souvent Cekal et Acotherm. Les deux sont utiles, mais ne certifient pas la même chose. Cekal certifie le vitrage seul. La certification Acotherm, délivrée par le CSTB depuis 1977, certifie la fenêtre entière : dormant, ouvrant, vitrage, joints et accessoires réunis. Là où Cekal parle de TR et de AR pour le verre, Acotherm classe la fenêtre de Th5 à Th17 sur le coefficient Uw, et de Ac1 à Ac4 pour l’acoustique, avec deux contrôles par an chez le fabricant.
| Critère | Cekal | Acotherm |
|---|---|---|
| Ce qui est certifié | le vitrage seul | la fenêtre complète |
| Organisme | association Cekal (COFRAC) | CSTB |
| Depuis | 1989 | 1977 |
| Classements | TR1 à TR14, AR1 à AR6 | Th5 à Th17, Ac1 à Ac4 |
Les deux certifications sont donc complémentaires : l’une garantit la qualité du vitrage, l’autre la performance de l’ensemble une fois posé. Concrètement, sur un devis, demandez la classe TR ou le Ug du vitrage et le classement Th ou le Uw de la fenêtre : les deux informations ensemble donnent une image complète de ce que vous achètez. Pour un projet exigeant, on regarde les deux, plutôt que de se fier à un seul indicateur.

Garantie décennale et recours
Le marquage Cekal vaut engagement : il ouvre une garantie décennale de dix ans sur les performances et l’étanchéité de l’assemblage. Concrètement, si de la buée apparaît entre les deux verres d’un double vitrage certifié, signe que le gaz argon s’est échappé et que l’étanchéité a lâché, le vitrage est pris en charge dans cette période.
Passé dix ans, la garantie Cekal ne s’applique plus, mais un vitrage bien conçu tient généralement bien au-delà. En cas de défaillance, la marche à suivre est simple : on contacte l’entreprise qui a posé la fenêtre, qui remonte l’information au fabricant du vitrage à partir du numéro de marquage.
C’est pourquoi la traçabilité compte autant que la performance : on repart toujours du marquage et du certificat, d’où l’intérêt de les conserver avec la facture. Une menuiserie sérieuse remet systématiquement ces références à ses clients.
Vos questions fréquentes
Non. La certification Cekal est volontaire : un fabricant peut vendre des vitrages non certifiés sans enfreindre la loi. Mais Cekal apporte une garantie de contrôle indépendant, accrédité par le COFRAC, sur la qualité et la durabilité du vitrage. En pratique, la grande majorité des vitrages isolants du marché sont certifiés, et exiger le marquage reste le meilleur moyen de s’assurer d’un produit sérieux.
Cekal certifie le vitrage seul : sa durabilité, l’étanchéité de son assemblage et son classement de performance thermique (TR1 à TR14), acoustique (AR1 à AR6) et de sécurité. Le marquage ouvre une garantie décennale de dix ans sur ces performances. En revanche, Cekal ne certifie pas la fenêtre complète : l’isolation globale, mesurée par le coefficient Uw, relève d’une autre certification, Acotherm.
Oui. Le marquage Cekal est gravé sur l’intercalaire, entre les deux verres, et reste visible en périphérie même après la pose, en regardant de près le pourtour du vitrage. Si vous ne le repérez pas, la fiche technique et le certificat remis avec le devis reprennent la référence Cekal et les classes obtenues. Conservez ces documents avec la facture : ils font foi en cas de recours.
Non. La garantie Cekal court sur dix ans à compter de la fabrication du vitrage. Un vitrage de vingt ans n’est donc plus couvert par cette garantie, même s’il fonctionne encore. En pratique, l’apparition de buée entre les deux verres, signe d’une perte d’étanchéité, est le principal motif de remplacement au-delà de cette période. Le vitrage reste alors à changer, souvent avec la fenêtre.
Idéalement oui, car elles sont complémentaires. Cekal garantit la qualité du vitrage ; Acotherm, délivrée par le CSTB, certifie la performance de la fenêtre entière (classement Th sur le Uw, Ac pour l’acoustique). Pour un projet exigeant, disposer des deux vous assure à la fois un bon vitrage et une menuiserie performante une fois posée. Kalio Menuiserie travaille avec des fabricants qui cumulent ces certifications.
Non, un vitrage anti-effraction de type SP10 reste transparent : sa transmission lumineuse avoisine 75 %, comme un vitrage courant. Les films qui le composent sont clairs et ne déforment pas la vue. Certifié Cekal côté durabilité et conforme aux normes EN 12600 et EN 356 côté sécurité, il combine résistance et clarté. Un aspect dépoli existe, mais c’est une option distincte, sans lien avec la sécurité.
Vérifier le marquage sur vos propres vitrages
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