SP10, SP510 et classe 1B1 : de quoi parle-t-on vraiment ?
Un vitrage de sécurité feuilleté est composé de deux feuilles de verre assemblées par un ou plusieurs films plastiques (PVB). En cas de choc, le verre casse mais les morceaux restent collés au film : ni éclats tranchants, ni ouverture béante. Un feuilleté résiste environ cinq fois mieux qu’un verre ordinaire au même impact. C’est exactement ce comportement que la réglementation recherche pour protéger les personnes, et c’est aussi ce qui distingue un vrai vitrage de sécurité d’un verre simplement plus épais.
Le SP10 est le nom commercial du STADIP PROTECT : un feuilleté de type 44.6, soit deux verres de 4 mm et six films PVB, pour une épaisseur d’environ 10,3 mm. Sa vocation première n’est pas la simple protection contre les blessures, mais la résistance à l’effraction (classe proche de P5A selon la norme EN 356). Ce niveau de vitrage se choisit à la commande, avec le châssis et la quincaillerie : il fait partie des options chiffrées sur notre offre de fenêtres sur mesure.
Le SP10 est donc un vitrage haut de gamme, plus épais et plus résistant que le vitrage de sécurité minimal. Le SP510, du même range, pousse encore la résistance pour les projets très exposés.
À ne pas confondre avec le feuilleté de type 44.2 (deux verres de 4 mm, deux films PVB, 8,76 mm), qui correspond à la classe 1B1 et constitue le vitrage de sécurité « anti-chute » réellement exigé dans la plupart des cas réglementaires. Retenez cette nuance de fond : la loi impose une performance à atteindre, pas la marque SP10 en particulier. Un simple 44.2 satisfait déjà la plupart des obligations, tandis que le SP10 répond à un besoin supplémentaire de protection contre l’intrusion.
Le test du pendule (norme EN 12600)
La norme EN 12600 classe les vitrages selon un essai au pendule lâché à trois hauteurs de chute : 1200 mm, 450 mm et 190 mm. Le résultat se lit en trois caractères, par exemple 1B1 : le premier chiffre indique la hauteur de chute franchie (1 = 1200 mm, la plus sévère), la lettre le mode de rupture (A pour le verre recuit, B pour le feuilleté, C pour le trempé), le dernier chiffre le niveau maximal atteint. Un 1B1 est donc un feuilleté qui encaisse le choc le plus dur sans se disloquer, ce qui explique qu’il soit la référence pour retenir une personne.
La norme EN 356 mesure de son côté la résistance à l’effraction : une bille d’acier de 4,1 kg est lâchée à plusieurs reprises d’une hauteur pouvant atteindre 9 m sur le vitrage. Un SP10 encaisse ces impacts répétés sans être transpercé, là où un double vitrage ordinaire cède dès les premiers coups décidés. Ce sont donc deux logiques distinctes : protéger les personnes d’une part, dissuader un cambrioleur d’autre part.
Comment lire un marquage de vitrage
Sur un vitrage feuilleté, la composition est gravée sur la tranche (par exemple 44.2 ou 44.6). Associé au certificat Cekal du vitrier, ce marquage permet de vérifier la classe EN 12600 et, le cas échéant, la classe anti-effraction EN 356. C’est le premier réflexe à avoir avant de valider un devis, car un même aspect visuel peut cacher des niveaux de sécurité très différents d’un produit à l’autre.
Les cas où un vitrage de sécurité est obligatoire
Trois situations imposent un vitrage de sécurité, indépendamment de toute préférence esthétique ou budgétaire. Elles engagent la responsabilité du maître d’ouvrage comme celle du poseur, et ne se négocient pas.
D’abord, la protection contre les chutes. Dès qu’une fenêtre présente une allège de moins de 90 cm au-dessus d’un vide de plus de 1 m, une protection est imposée jusqu’à 1 m de hauteur depuis le sol fini (norme NF P01-012, Code de la construction et de l’habitation).
Lorsque cette protection est assurée par le vitrage lui-même, garde-corps vitré ou allège vitrée, ce vitrage doit être un feuilleté de sécurité capable de retenir une personne en cas de choc. Un simple verre trempé n’est pas admis à cet emploi.
Ensuite, les établissements recevant du public : écoles, crèches, hôpitaux, piscines. L’arrêté du 25 juin 1980 impose des vitrages de sécurité sur les portes, parois et impostes exposées au public, avec une classe minimale 2B2 au sens de l’EN 12600. Les zones proches des escaliers, des circulations et des aires de jeux sont les plus surveillées, car le risque de heurt y est permanent.
Enfin, les toitures et verrières inclinées à plus de 5° situées au-dessus d’une zone d’activité : le NF DTU 39 impose un feuilleté de sécurité pour éviter la chute d’éclats sur les occupants. Dans ces trois cas, l’exigence porte sur une performance (un feuilleté de sécurité, souvent 1B1), qu’un SP10 dépasse largement.
Neuf ou rénovation : la même logique
Que la fenêtre soit installée dans une construction neuve ou en remplacement d’un ancien châssis, l’exigence de sécurité suit la configuration, pas l’âge du bâtiment. Une allège abaissée lors d’une rénovation, par exemple pour agrandir une baie et gagner en lumière, fait entrer l’ouverture dans le champ de l’obligation. Mieux vaut anticiper ce point dès le relevé de cotes plutôt que de le découvrir le jour de la pose.

Les cas où le vitrage de sécurité est fortement recommandé
En dehors des obligations, plusieurs situations justifient un feuilleté, voire un SP10 anti-effraction. Ce n’est plus la loi qui parle, mais le bon sens et la tranquillité au quotidien. Sur ces ouvertures, la question n’est pas « est-ce imposé » mais « qu’est-ce que je protège » : des personnes, des biens, ou les deux.
- Rez-de-chaussée accessible depuis la rue, un jardin ou une terrasse : première cible d’une effraction, c’est là que le SP10 prend tout son sens.
- Véranda et verrière : protection contre la chute d’objets et la grêle sur les parties vitrées en hauteur.
- Barrière de piscine vitrée : sécurité des enfants et résistance aux chocs répétés.
- Chambre en étage : un feuilleté limite le risque de chute à travers le vitrage.
Le rez-de-chaussée exposé, cas le plus fréquent
Une porte-fenêtre de rez-de-chaussée donnant sur un jardin reste le point faible d’une maison. Pour ces ouvertures, on place le SP10 sur la face extérieure d’un double vitrage : il retarde nettement le passage par le vitrage sans rien changer à l’aspect de la fenêtre. C’est un compromis pertinent entre sécurité passive et confort visuel, sans transformer la maison en bunker ni alourdir toutes les fenêtres du logement.
SP10, feuilleté 1B1 ou trempé : quel niveau pour quelle situation ?
Le choix se joue entre trois familles de verre, aux comportements très différents face au choc et à l’effraction. Les confondre conduit soit à sous-protéger une ouverture à risque, soit à payer pour un niveau inutile ailleurs.
| Solution | Sécurité des personnes | Anti-effraction | Usage type |
|---|---|---|---|
| SP10 (type 44.6) | Excellente | Élevée (proche P5A) | Rez-de-chaussée exposé, point sensible |
| Feuilleté 1B1 (type 44.2) | Excellente (1B1) | Faible | Garde-corps, allège, ERP |
| Verre trempé | Limitée (ne retient pas) | Faible | Portes, façades sans risque de chute |
Le verre trempé résiste aux chocs thermiques et se brise en petits granulés peu coupants, mais il ne retient personne : il est à proscrire pour un garde-corps. Le feuilleté 1B1 couvre l’immense majorité des obligations réglementaires. Le SP10 ajoute la dimension anti-effraction là où elle compte vraiment, sur les accès de plain-pied. Il existe aussi un verre feuilleté-trempé, qui combine la résistance mécanique du trempé et le maintien des morceaux du feuilleté ; on le réserve à des cas particuliers comme certaines marches ou plateaux vitrés.

Prix, poids et isolation : ce que le SP10 change concrètement
Un feuilleté de sécurité simple de type 44.2 se situe autour de 52 € le m² en fourniture de verre nu. Monté en double vitrage SP10 (par exemple 4 à couche peu émissive, lame d’air, puis 44.6), le tarif démarre autour de 255 € le m², pour un Ug d’environ 1,1 W/m².K : une isolation thermique équivalente à un bon double vitrage courant.
Le SP10 sécurise donc sans sacrifier le confort thermique. Les films PVB apportent au passage un léger gain acoustique, de l’ordre de quelques décibels, appréciable pour une chambre donnant sur une route passante.
Côté poids, le verre pèse 2,5 kg par m² et par millimètre. Un feuilleté 44.2 avoisine 20 kg/m², comme un double vitrage standard 4/16/4. Le SP10 monte à 25 à 27 kg/m² en simple vitrage, et jusqu’à 35 kg/m² en double vitrage. Ce surpoids reste absorbé par les fenêtres Neobaie et Wibaie, dimensionnées pour ces vitrages. Comme on ne sécurise que les ouvertures réellement concernées, la dépense reste maîtrisée et peut s’échelonner entre l’acompte et le solde du chantier.
| Configuration | Épaisseur | Poids indicatif | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| Feuilleté 44.2 (verre nu) | 8,76 mm | environ 20 kg/m² | à partir de 52 € le m² |
| Double vitrage SP10 (44.6) | environ 20 mm | environ 35 kg/m² | à partir de 255 € le m² |
Pour cadrer un budget précis sur vos ouvertures sensibles, le plus fiable reste un devis gratuit sous 24h tenant compte des dimensions réelles et de l’exposition de chaque fenêtre.
Comment vérifier qu’on a bien du SP10 sur sa fenêtre
La composition d’un vitrage feuilleté est gravée sur sa bordure périphérique : on y lit la mention 44.6 pour un SP10, ou 44.2 pour un feuilleté de sécurité standard. Difficile à voir une fois la fenêtre posée, cette gravure figure aussi sur le certificat Cekal et sur la fiche technique remise avec le devis. C’est la trace qui fait foi en cas de doute sur le produit livré.
Avant de signer, exigez donc noir sur blanc la classe EN 12600 (par exemple 1B1) et, pour l’anti-effraction, la classe EN 356. Un devis sérieux précise ces références plutôt qu’un simple nom commercial. En cas de sinistre ou de contrôle, cette référence est aussi ce que demandera un assureur ou un bureau de contrôle pour attester la conformité du vitrage.

Vos questions fréquentes
Non. Aucune règle n’impose le SP10 pour toutes les fenêtres de rez-de-chaussée. Ce que la loi exige, c’est un feuilleté de sécurité dans des cas précis : garde-corps, allège sous 90 cm, établissement recevant du public. Pour une fenêtre de rez-de-chaussée classique, le SP10 relève du choix de protection contre l’effraction, pas d’une obligation. Kalio Menuiserie le recommande surtout sur les ouvertures accessibles depuis l’extérieur.
Le SP10 et le SP510 appartiennent à la même famille de feuilletés anti-effraction STADIP PROTECT. Le SP10 est le niveau d’entrée (feuilleté de type 44.6, environ 10,3 mm), tandis que le SP510 pousse la résistance plus loin pour les projets très exposés. Il n’existe pas de vitrage normalisé appelé SP20 : la référence fiable reste la classe EN 356 (de P1A à P5A). Demandez toujours la classe EN 356 plutôt qu’un simple nom commercial.
Non, le SP10 est parfaitement transparent. Sa transmission lumineuse avoisine 75 %, comparable à un vitrage courant. Les films PVB qui assemblent les verres sont clairs : ils n’assombrissent pas la pièce et ne déforment pas la vue. Le SP10 filtre en revanche une large part des UV, ce qui protège les tissus et les meubles de la décoloration. Un aspect dépoli est possible, mais c’est une option distincte, sans lien avec la sécurité.
Rarement de façon satisfaisante. Remplacer le seul vitrage d’une fenêtre existante par du SP10 suppose que le dormant et la feuillure acceptent une épaisseur et un poids supérieurs, ce qui est rare sur d’anciens châssis. En pratique, la solution fiable consiste à changer la fenêtre complète avec un double vitrage intégrant le SP10. Un film de sécurité rapporté existe pour les ERP, mais il n’offre pas le même niveau qu’un vrai feuilleté.
Le SP10 ne dégrade pas l’isolation, mais ce n’est pas lui qui l’assure. Monté en double vitrage, un SP10 atteint un Ug d’environ 1,1 W/m².K, équivalent à un bon double vitrage courant. La performance thermique dépend surtout de la lame d’air ou de gaz et du traitement peu émissif, pas du feuilleté lui-même. Le SP10 apporte en revanche un léger bonus acoustique grâce à ses films PVB, appréciable en bord de route.
Non, et c’est volontaire. Le vitrage se choisit ouverture par ouverture selon l’exposition et l’usage. Kalio Menuiserie propose le feuilleté 1B1 là où la sécurité des personnes l’impose, et le SP10 anti-effraction sur les points sensibles comme un rez-de-chaussée accessible. Poser du SP10 partout alourdirait inutilement la facture. Chaque devis gratuit sous 24h précise, fenêtre par fenêtre, la classe de vitrage retenue.
Savoir si vos vitrages doivent être retenus
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